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La France consacre un milliard d’euros à stocker des données de santé, sans pouvoir bénéficier des analyses utiles à la décision politique, à un moment où elle lance sa stratégie nationale de santé. C’est le constat, bien ennuyé, du congrès de la FNORS (Fédération Nationale des Observatoires de la Santé), qui se réunissait les 4 et 5 avril 2013 à Bordeaux.

Bien que l’assurance maladie ait amélioré son dispositif d’accès aux fichiers du SNIIRAM (Système d’Information Inter-Régime de l’Assurance Maladie), celui ci reste très complexe. C’est l’héritage de notre histoire. L’assurance maladie compte pour pouvoir payer au juste prix, et les fichiers sont d’abord des outils d’évaluation des coûts, difficilement exploitables pour en tirer des études qualitatives. Certes, par des recoupements sophistiqués, on pourrait suivre les bénéfices attendus des traitements, ou les inconvénients, mais on reste loin des enjeux de suivi des maladies, et de leurs évolutions.

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Avec un nombre grandissant d’applications m-santé et leur sophistication, les smartphones sont de plus en plus vus comme un moyen d’améliorer ce secteur, mais plus encore, de développer un véritable commerce. Actuellement…

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Le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a détaillé, ce vendredi à Grenoble, la nouvelle stratégie nationale de santé que son gouvernement entend mettre en œuvre. Détailler est cependant un bien grand mot, car il faut lire entre les lignes pour deviner les conséquences concrètes de ces changements à venir. Visiblement, le premier ministre est moins enthousiasmé par les «maisons de santé» (regroupement en un même lieu de plusieurs catégories de soignants exerçant en libéral) que ne l’était le précédent gouvernement. Il préfère la notion de «pôle de santé» ou, plus largement, de «médecine de proximité» qui «implique», selon lui, «de revoir nos modes de financement pour inciter au travail collectif».

Toute la question est de savoir comment s’y prendre. Marisol Touraine, qui accompagnait le premier ministre, en compagnie de Geneviève Fioraso, ministre de la Recherche, a affirmé vouloir «généraliser le mode de financement des équipes (plutôt que les actes, NDLR)». Une remise en question du paiement à l’acte? Jusqu’à présent, lorsque les syndicats de médecins acceptaient d’écorner ce véritable pilier de la médecine libérale, c’était toujours pour obtenir des rémunérations complémentaires… «Cela va dans le sens d’adapter le financement à une médecine plus collaborative», insiste la ministre de la Santé.

 

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Les Dossiers de l’Atelier www.atelier.net

Les sites sociaux, dédiés ou non à des problématiques santé, permettent d’envisager plusieurs usages de diffusion, de collecte des informations santé… Autant de modèles en train de s’élaborer et qui suscitent autant l’intérêt que le questionnement.

Les marques cherchent toujours plus à identifier les influenceurs sur les réseaux sociaux, dans le but de mieux diffuser leurs messages, mais aussi les internautes à la croisée de plusieurs communautés, et aptes eux aussi à relayer des données. En parallèle, elles puisent sur ces mêmes réseaux des quantités d’informations leur permettant de mieux cibler leurs clients, mais aussi de mieux les connaître. Cela, à condition de savoir exploiter la multitude de données, évidemment. Ce processus est-il applicable à d’autres secteurs ? Certains, comme celui de la santé, se posent la question. A la fois pour diffuser mais aussi pour collecter.

Suivre la propagation via Twitter

Ainsi, plusieurs projets de recherche se sont intéressés à voir s’il était possible de suivre la diffusion d’une maladie en se basant uniquement sur des sites comme Twitter. La réponse est plutôt encourageante. De là, la distance est mince avec l’usage de ces mêmes réseaux pour prévenir les prochains nids d’incubation. Là encore, il semble que ces sites pourraient avoir un rôle non négligeable. Leur usage pour diffuser des informations de première importance sur la propagation d’une maladie ou les gestes à avoir est cependant à prendre avec plus de pincettes.

Les réseaux, mine d’informations

Plus que LE mode de diffusion, Twitter, Facebook et consorts semblent de plus en plus s’imposer comme un relais parmi d’autres, basé sur un réseau de proches ou d’entités suffisamment influentes et reconnues pour être lues et considérées comme légitimes. Quant à la mine d’informations que contiennent ces réseaux, et plus particulièrement ceux dédiés à une pathologie ou à l’échange de données santé, on peut surtout dire que l’on en est qu’aux prémisses. Oui, ces sites pourraient jouer un rôle non négligeable dans l’obtention d’informations pour la recherche. Mais des règles sont encore à définir, afin qu’aucune partie n’y perde. Et des modèles à inventer.

Par Yves Jarlaud, associé conseil et responsable du secteur Santé et des Sciences de la Vie chez Deloitte 

Le modèle traditionnel des entreprises pharmaceutiques centré sur les « blockbusters » a vécu

La plupart des observateurs le soulignent : le modèle traditionnel des entreprises pharmaceutiques centré sur les « blockbusters » a vécu, même s’il reste pour un moment encore un contributeur important à leurs résultats. Désormais, l’enjeu en termes d’innovation est non seulement de développer des nouvelles molécules plus efficaces et plus ciblées, y compris pour le traitement de maladies rares, mais aussi de proposer aux patients et aux professionnels de santé des solutions thérapeutiques complètes, en particulier pour les ALD – diabète, cancers, maladies cardio-vasculaires… L’exemple de l’iBGStar que Sanofi a développé conjointement avec des partenaires est illustratif de cette (r)évolution. Ce lecteur de glycémie connectable à un iPhone permet aux patients diabétiques de mesurer facilement et précisément leur taux de glucose sanguin et, grâce à une application spécifique, leur offre également de multiples fonctionnalités, pour tenir à jour leur carnet de suivi glycémique, pour transmettre les résultats à leur médecin et ainsi mieux gérer leur diabète.

Les solutions thérapeutiques dans lesquelles les technologies numériques sont appelées à jouer un rôle croissant et déterminant ont notamment pour intérêt de faciliter la vie des patients, tant en termes de confort que de sécurité. Elles contribuent à améliorer le niveau d’observance des traitements, et par conséquent leur efficacité, au bénéfice principal des patients mais aussi des payeurs – pour mémoire, les coûts liés à la non observance sont estimés à plus de 125 milliards d’€ par an en Europe.

Un capteur miniaturisé, inséré dans une gélule

Dans la mesure où les laboratoires pharmaceutiques seront de plus en plus incités par les payeurs à s’engager dans des accords du type « pay for performance » sur la base des résultats en « vie réelle », comme ceux promus par le NHS en Grande Bretagne, ils auront tout intérêt à proposer des solutions thérapeutiques favorisant l’observance. C’est dans cette optique que certains envisagent de développer des « smart pills » en utilisant des technologies comme l’ « Ingestible Event Marker », conçu par la société Proteus Digital Health et approuvé par la FDA en juillet 2012.

Ce capteur miniaturisé, qui peut être inséré dans une gélule, émet un signal transmis à un récepteur externe lorsqu’il est activé par les sucs gastriques. L’intérêt de ce type de dispositif est de permettre un suivi et un contrôle en temps réel de la prise de médicaments, et donc d’envoyer un message d’alerte en cas de non-respect de la prescription (délai ou dosage). Comme l’a fait observer A. Rosenberg, responsable du Business Development de Novartis Pharma, la valeur de ces « smart pills » sera plus dans les données qu’elles génèrent que dans le médicament lui-même.

Mais les apports potentiels du numérique à l’industrie pharmaceutique vont bien au-delà de la conception de solutions thérapeutiques intégrées. Ils peuvent concerner l’ensemble de sa chaîne de valeur. Ainsi peut-on s’attendre par exemple à ce que la recherche « translationnelle » et les études cliniques bénéficient de plus en plus des progrès des outils d’analyse de ce qu’il est convenu d’appeler le « big data ».

L’effort d’adaptation est considérable pour les labos pharmaceutiques

L’enjeu pour les laboratoires pharmaceutiques est non seulement de comprendre les changements que le déferlement des innovations numériques va inévitablement induire dans leur « business model », mais aussi de piloter et d’accompagner ce processus de transformation. Même lorsque ces mutations résultent de décisions internes à l’entreprise, les défis à relever sont importants car elles conduisent à répondre à de multiples questions auxquelles les laboratoires n’avaient jusqu’à présent pas été confrontés : quels sont les déterminants de la valeur d’une solution thérapeutique ? comment évaluer et partager les risques émergents avec les partenaires ? comment gérer le cycle de vie d’une solution multi-composants ? comment collecter et interpréter les données en « vie réelle » ? etc.

A fortiori, l’effort d’adaptation est encore plus considérable quand l’innovation numérique est promue ou imposée par des forces exogènes. Une étude récente conduite par Deloitte a par exemple mis en évidence que seules 4 entreprises pharmaceutiques sur 10 ont commencé à tirer parti des réseaux sociaux comme Inspire ou Patientslikeme pour collecter de l’information et pour communiquer, ou encore Sermo ou Medscape pour collaborer avec des professionnels de santé. Une proportion équivalente n’envisage toujours pas d’utiliser ces média et beaucoup d’entreprises pharmaceutiques se sentent encore démunies face à la prolifération des messages et informations concernant leurs spécialités qui sont diffusées chaque jour sur le web. Il est vrai qu’en offrant la possibilité à n’importe quel patient de partager publiquement son avis sur des médicaments ou des dispositifs à prescription obligatoire, le numérique introduit une forme de désintermédiation qui bouleverse radicalement les règles établies. Les laboratoires se retrouvent ainsi dans une situation paradoxale où ils sont tenus de respecter des obligations strictes en matière d’information médicale, tout en étant de plus en plus soumis à des exigences fortes en termes de transparence et de réactivité en cas de survenance d’effets indésirables.

Comment gérer les cycles de vie courts de solutions thérapeutiques incorporant du numérique ?

On le voit, le numérique est à la fois un déclencheur et un facilitateur de la puissante vague qui va conduire les entreprises du médicament à redéfinir leurs missions et leurs interactions avec les autres parties prenantes : patients, professionnels de santé, payeurs, régulateurs, partenaires. Mais le principal défi vient peut-être du fait que l’irruption des technologies et solutions numériques dans l’écosystème de santé en modifie radicalement la temporalité de référence. Les laboratoires pharmaceutiques vont par exemple devoir apprendre très vite à gérer les cycles de vie courts de solutions thérapeutiques incorporant du numérique. Ils devront également mettre en place des processus de décision et de communication permettant de réagir presqu’instantanément à des informations mettant en cause leur réputation diffusées et amplifiées via les réseaux sociaux. Comme l’a souligné récemment le dirigeant d’un grand groupe pharmaceutique, ceux qui sauront comprendre rapidement le changement de paradigme induit par le numérique, et modifier à temps leur ADN, auront certainement de meilleures chances de survivre et de prospérer.

 

 

ENJEUX DE SANTE PUBLIQUE AUTOUR DU NUMERIQUE :

François Gavini - ROCHE

François Gavini - ROCHE

Le Collectif  Santé Numérique (CSN), défend l’amélioration du parcours de soin  par le numérique. Mais un parcours de soin réellement intelligent devra passer par la mutualisation des données médicales. Explications de François Gavini, responsable des études en vie réelle et de la Biométrie au sein de Roche Pharma en France.

Parmi les avancées significatives de l’offre de santé en France viennent naturellement à l’esprit les technologiques développées dans un objectif spécifique: prévenir, réaliser un diagnostic ou traiter la maladie: imagerie médicale, biotechnologies, et innovations thérapeutiques. Ou, plus récemment, les thérapies ciblées qui combinent des avancées en termes de diagnostic et de traitement, notamment en oncologie, avec le développement de la médecine personnalisée.

Si l’on revient un instant sur quelques avancées technologiques anciennes réalisées sans objectif médical propre, comme l’automobile, le téléphone, la réfrigération, force est de constater qu’elles s’intègrent aujourd’hui au parcours de soins :  de l’urgence médicale à la mise à disposition de traitements sensibles au maintien de la chaine du froid, en passant par la simple prise de rendez-vous à l’hôpital.

Le numérique, déjà intégré à notre quotidien peut contribuer à l’optimisation pratique du parcours de soin.

Classiquement, le parcours de soins englobe une série d’étapes réalisées au sein de l’hôpital et en dehors.  Des infrastructures de télécommunications sécurisées pourraient être déployées de façon à bénéficier directement au patient : cela, afin de mieux considérer le patient dans sa propre histoire, de garantir son suivi, de le « coacher » et à le rapprocher des services nécessaires,  notamment dans sa vie en dehors de l’hôpital.  Une large discussion doit donc s’engager entre associations de patients, professionnels de santé, industriels, et instances nationales.

Au-delà de l’optimisation pratique apportée par le numérique, la mutualisation des données sera déterminante dans l’avènement d’un parcours de soin intelligent.

Les systèmes d’informations du parcours de soin représenteront une formidable opportunité de mutualisation. Les échanges de données pourraient constituer la base d’une source de données médicales inédite en vie réelle: quels sont les parcours de soins les plus adaptés à la prévention des effets indésirables ? Quelles sont les stratégies thérapeutiques les plus efficaces et dans quelles conditions ? Comment adapter l’éducation thérapeutique et améliorer  l’observance ? Autant de questions qui devraient encourager l’étude (non interventionnelle) de l’adéquation des soins courants et de leur enchainement sur l’ensemble des patients. Il s’agit là d’un enjeu d’importance pour la santé. Enjeu qui ne se limiterait pas à l’enceinte de l’hôpital. Une complexité au cœur même des données qui donne la mesure du défi. Car en effet, si les résultats de nombreuses études épidémiologiques spécifiques contribuent déjà à affiner sensiblement la prise en charge des patients, elles demeurent souvent limitées en  effectifs et parfois critiquées en termes de représentativité.  C’est pourquoi un parcours numérique de soins pourrait apporter des données complémentaires aux professionnels de santé et aux autorités nationales. Une ligne de crête qui implique plusieurs exigences : sécurisation de la donnée personnelle, capacités et adéquation fonctionnelle des systèmes d’informations – qualité de la collecte des données – méthodes d’analyse des données. Les techniques de « data mining » très répandues dans le monde du commerce et du marketing et plus récemment de la génomique, devront être utilisées afin d’optimiser les parcours de soins de façon quasi-individuelle.

L’intelligence du parcours de soin résidera dans sa capacité à tirer les leçons des informations médicales du plus grand nombre et de bénéficier à chaque patient dans le respect de la donnée personnelle. Enjeu à la hauteur des difficultés.

(Article publié sur lesechos.fr le 22 janvier 2013)

Meilleur accueil, meilleurs soins, meilleur suivi… les nouvelles technologies hospitalières, centrées sur le patient, devraient également permettre une meilleure gestion.

Des ambulances d’urgentistes reliées par vidéoconférence. Des robots préparant les sachets de médicaments. Un écran géant permettant de suivre à tout moment l’avancement des soins et la disponibilité du personnel. Ces innovations ne sont pas de la science-fiction : elles sont expérimentées dans différents hôpitaux du Danemark. Petit pays de 5,5 millions d’habitants confronté à un vieillissement de sa population et donc à un système de santé de plus en plus coûteux, le pays a décidé d’investir 5,3 milliards d’euros dans la modernisation de ses hôpitaux d’ici à 2020. Un cinquième de cette somme est consacré aux équipements et déjà presque chaque établissement expérimente un nouvel outil. « Notre concept ? L’hôpital est un laboratoire vivant »,résume Lisbeth Holsteen Jessen, directrice de l’hôpital d’Horsens, une petite ville à 150 kilomètres à l’ouest de Copenhague.

A l’image du Danemark, tous les pays développés doivent innover pour soigner plus, mieux et à moindres frais. La plupart fondent leurs espoirs sur l’e-santé en milieu hospitalier. « Les systèmes de santé sont en train de prendre un nouveau virage technologique et cela peut être l’occasion de leur redonner du souffle en termes d’efficacité et d’équité », plaide Benoist Gadet, en charge du développement commercial pour le secteur de la santé chez NEC France.

Au centre de l’e-santé se trouve le dossier médical électronique, que tous les Etats occidentaux tentent de mettre en place (« Les Echos » du 27 octobre 2011). Alimenté pour l’instant de façon manuelle par les médecins, il sera bientôt automatiquement enrichi par les systèmes informatiques de l’hôpital : résultats des analyses, séquençage ADN, radios, médicaments prescrits et distribués, paramètres enregistrés au bloc opératoire et en réanimation… Grâce à ce dossier électronique, la médecine hospitalière ne se focalisera plus sur une maladie ou une blessure, mais prendra en compte le malade dans sa globalité : depuis ses antécédents, jusqu’à, un jour peut-être, son code génétique. « Nous investissons chaque année 40 euros par patient dans le dossier médical électronique à l’hôpital, calcule Kenneth Ahrensberg, du Conseil national de l’e-santé, l’administration danoise en charge du dossier médical. Notre gouvernement estime que cela a permis d’augmenter la productivité des hôpitaux de 2,5 à 5 % par an. »

Meilleure coordination

Premier intérêt de l’e-santé, elle permet une meilleure coordination entre médecins généralistes, spécialistes, infirmières… Ce qui devrait entraîner une diminution des examens redondants, mais aussi des erreurs médicales, comme les contre-indications ou la délivrance de mauvais médicaments. Le « British Medical Journal » estime que, au Royaume-Uni, 30.000 personnes décèdent chaque année d’une erreur médicale : c’est comme si un 737 s’écrasait tous les deux jours.

Mais, pour rendre de tels services, le dossier médical devra être complet (et intégrer également l’imagerie médicale) et facilement compréhensible. Pour faciliter les échanges de clichés, l’ARS Ile-de-France a initié le programme RSF (région sans film), un service de partage et de stockage d’images médicales par le « cloud computing », proposé à tous les professionnels de la région. Mais il faudra adapter les réseaux informatiques : si le dossier médical est la pièce centrale de l’e-santé, le réseau informatique, fixe ou mobile, en constitue, lui, l’ossature.

Autre problème induit par de telles quantités d’informations : comment les analyser ?« Les médecins ont cinq minutes pour parcourir les dizaines de pages d’un dossier médical, constate André Elisseeff, cofondateur et directeur général de Nhumi (Next Generation Human Interface), une start-up installée à Zurich. Nous voulons trouver une nouvelle façon de présenter ces informations, afin de les rendre immédiatement compréhensibles, par exemple, en proposant comme interface le schéma du corps du patient. »

L’e-santé permettra également aux malades qui doivent revenir régulièrement dans le même établissement de s’enregistrer sur des bornes d’accueil automatiques. Une fois admis, le dossier du malade apparaîtra, avec les autres, sur les écrans de dispatching du personnel médical : nom, numéro de Sécurité sociale, âge, pathologie, traitement en cours, localisation du patient et du personnel en charge, coordonnées de la famille, jour de sortie programmée… « Si cette date est connue, les malades partent plus vite »,constate-t-on au service de cardiologie de l’hôpital d’Horsens.

De plus en plus d’hôpitaux se dotent aussi de robots pharmaciens qui préparent les médicaments devant être distribués aux malades matin, midi ou soir. Fiables à 99,9 % selon un de leurs fabricants, l’entreprise McKesson, à San Francisco, ces machines permettent d’économiser de la main-d’oeuvre et d’éviter les erreurs de manipulation. A terme, reliés aux dossiers médicaux et pilotés par un logiciel d’intelligence artificielle, ils sauront détecter les contre-indications médicamenteuses.

Et d’ici cinq à dix ans, certains établissements s’équiperont de lits intelligents et communicants, enregistrant la température, la sudation, la quantité d’urines, le poids, les changements de position du malade. A la moindre anomalie, le personnel soignant sera averti. « Un lit d’hôpital classique coûte entre 1.500 et 1.800 euros, affirme Verner Bek Hansen, directeur général pour la France de Linak, une entreprise danoise leader dans la fourniture de systèmes de contrôle électroniques pour les lits médicalisés. Un lit intelligent, c’est à peine 500 euros de plus. »

A plus long terme, le dossier contiendra peut-être l’ADN du malade, ce qui devrait sans doute aider à prévoir sa réaction à tel ou tel traitement. En attendant, toutes les données déjà collectées peuvent être anonymisées et analysées. C’est le concept du « big data » appliqué à l’hôpital. « Nous collectons depuis 2005 toutes les informations sur les anesthésies », indique Alexis Grzes, directeur du système d’information du CHRU de Lille. L’exploitation de ces données permettra peut-être de diminuer la morbidité lors des interventions.

Jacques Henno

L’application de cartographie participative permet aux professionnels d’indiquer les symptômes de leurs patients, la maladie détectée et le traitement donné. Une base de données permettant aussi de mieux s’entraider.

« Une application permettant au corps médical de disposer d’une carte des maladies, qu’ils enrichissent eux mêmes en indiquant les pathologies des patients visités ou rencontrés. Ainsi, il est possible d’indiquer les symptômes d’une personne, et le traitement qui lui est conseillé. Le tout, de façon anonyme afin de respecter la vie privée des individus, mais localisée, pour dresser une cartographie la plus précise possible ».

Des cours en ligne plutôt que des cours dispensés dans des amphis bondés : « Tous les cours magistraux qui sont dispensés dans des amphithéâtres bondés, dans de mauvaises conditions, tels les cours de médecine de première année, peuvent être remplacés par des cours en ligne » (…) « Les cours en ligne doivent être compensés par un meilleur suivi personnalisé des étudiants afin d’éviter par exemple que certains étudiants en médecine ne se dirigent vers des prépas privées pour trouver l’encadrement dont ils ont besoince qui accentue la discrimination sociale ».

Pour en savoir plus 

 

Pour que les solutions permettant de suivre son état de santé depuis chez soi fonctionne, il faut que le malade soit impliqué et participe de manière proactive à ce projet, et non pas qu’il se contente de transmettre des données.

Pour en savoir plus et découvrir l’article in extenso