2èmes Assises de l’Innovation Thérapeutique : « La recherche clinique à l’heure du numérique »

Synthèse du colloque sous le parrainage de Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Mercredi 5 novembre 2014 – Amphithéâtre Deloitte, 136 Avenue Charles de Gaulle, 92200 Neuilly-Sur-Seine

Introduction : Jacques MARCEAU, président d’Aromates

Qu’il s’agisse de prévention, de diagnostic ou de soin, il ne se passe pas un jour sans que l’annonce d’une innovation ne vienne apporter sa part de transformations à la médecine et, avec elle, plus de sécurité, plus de confort et surtout de nouvelles chances de guérisons pour les patients.

Source du progrès thérapeutique et de l’amélioration de la qualité des soins, la recherche clinique ne manque pas, non plus, d’être rapidement, profondément et durablement transformée par les nouvelles technologies numériques.

Tout d’abord, parce qu’en devenant un élément constitutif d’un traitement, les dispositifs médicaux numériques et les services qui leur sont associés nécessitent, au même titre qu’un médicament, d’être testés et évalués, ce qui non seulement étend le champ, mais encore augmente la complexité des essais cliniques. Car si l’on maîtrise aujourd’hui l’évaluation d’une molécule, la difficulté est tout autre quand il s’agit d’évaluer cette dernière associée à un smartphone, à des services en ligne ou à un programme d’observance.

Au-delà de l’élargissement de son périmètre, et pendant ce temps, la recherche clinique effectue sa propre mutation, notamment avec l’utilisation de capteurs connectés qui, associés au cloud computing, autorisent le suivi de patients dans leur « vraie vie » tout en générant la collecte de véritables océans de données. C’est dans ce contexte que les technologies du big data sont appelées à jouer un rôle déterminant en transformant non seulement l’organisation de la recherche clinique, mais encore son territoire en la sortant du vase clos de l’hôpital pour la faire entrer dans la vie de tous les jours. Ainsi, un individu équipé de capteurs connectés, soit parce qu’il est atteint d’une maladie chronique et fait l’objet d’un suivi permanent, soit parce qu’il a cédé à la mode du quantified-self ou, plus prosaïquement, parce que son assureur lui a promis une baisse de ses cotisations en échange de ses données, devient un patient impliqué dans la recherche clinique. À terme, et avec le développement du big data associé à la multiplication des capteurs connectés de toutes sortes, nous serons tous un jour, malades ou bien portants, peu ou prou, occasionnellement ou de façon permanente, impliqués dans la recherche clinique.

Ces évolutions nécessiteront bien entendu un profond réaménagement du cadre actuel de la recherche et posera, de toute évidence, des questions éthiques et de souveraineté, en particulier soulevées par l’exploitation de données personnelles, qui ne seront d’ailleurs pas toutes des données de santé, mais qui le deviendront une fois traitées.

Cette transformation numérique de la recherche clinique ne manquera pas, non plus, d’avoir un effet positif sur le délai nécessaire à la mise sur le marché d’innovations thérapeutiques tout en apportant une meilleure sécurité, notamment grâce à la mise en œuvre de programmes d’observance et de suivi des patients dans leur vie réelle.

Sur le plan économique enfin, la transformation numérique de la recherche clinique est une nouvelle chance pour la France, notamment dans l’actuel contexte de sa délocalisation vers l’Europe de l’Est et les pays émergents.

À condition, toutefois, non seulement d’accompagner mais encore de soutenir cette transformation par un cadre réglementaire rénové. L’ambition de ces 2èmes Assises de l’Innovation Thérapeutique est d’y contribuer en réunissant ce matin les meilleurs experts de ces questions que je remercie vivement pour leur venue et leur implication.

Avant de passer la parole au professeur Jean-François Dhainaut pour introduire ce colloque, je voudrais remercier l’ensemble de nos partenaires, en particulier Deloitte qui nous accueille dans ce bel amphithéâtre et les membres du Collectif Santé Numérique avec qui nous avons conçu ce passionnant programme et réuni ce prestigieux panel d’experts. Je remercie également Madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, pour son parrainage et sa fidélité à nos rencontres.

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